samedi 20 avril 2013

- ALLIANCE: Entrainement avec Romero "Jacaré" , Rodrigo Comprido et Magrão Gurgel a Ipanema

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Je quitte donc le Brésil pour rentrer au Japon, j'en profite pour m'arreter un mois en Thaïlande, en pensant que les deux mois, que j'avais passé sur les tatame de São Paulo et de Rio de Janeiro allaient me suffir. je me trompais lourdement...

A mon retour au Brésil, cinq mois plus tard, l'académie "Master Jiu-Jitsu" avait disparu. Enfin pas disparu, elle avait démenagé, elle se situait maintenant au cinquième étage d'un batiment qui fait le coin de la Rua J. Angelica et qui donne sur sur un grand parc dans le centre d'Ipanema, Praça N.S.da Paz.

J'arrive en plein milieu d'un cours. Quelqu'un me demande ce que je désire. Je lui réponds que je cherche Malibu. Un gars qui ressemble à John Cassavetes dans le film Dirty Dozen (Les douzes salopards) vient vers moi et se présente lui-même. C'est Romero Cavalcanti mieux connu sous le nom de Jacare, le propriétaire de l'académie et l'un des cinq gars a avoir reçu sa ceinture noire des mains de Rolls Gracie.

Jacare non seulement ressemble à John Cassavetes, mais il a aussi la meme facon de parler, il parle tres bien anglais (au moins aussi bien que John Cassavetes). Pas étonnant, il est allé au lycée à Manhattan. Jacare avait entendu parler de moi par Malibu et son assistant Eduardo, il savait que j'étais un écrivain américain. Jacare m'invite a m'entrainer.

Je reviens donc le lendemain pour le cours "iniciantes" (débutants). En fait les écoles de jiu-jitsu n'ont pas vraiment de cours pour débutants. A part les cours "Infantil" et "Juvenil" qui sont reservés au moins de 16 ans, dans la section "Adulto" le cours se fait en fonction de qui est là. Par exemple lors de mon premier cours "débutants" la majorité des gars étaient ceinture bleue et violette. De temps en temps, il peut meme y avoir des marrons voir des noires. En fait en tant que ceinture blanche, je faisais partie de la minorité. La plupart du temps, j'étais meme la seule ceinture blanche! Il y a une raison démographique à cela. N'importe qui a n'importe quel age peut commencer à apprendre le jiu-jitsu et débute forcement avec une ceinture blanche. Mais à Rio, la plupart débutent a leur adolescence, et conservent leur ceinture bleue longtemps. J'ai rencontré des gens qui ont commencé quand ils étaient enfants et sont restés ceintures bleue pendant six ans.J'ai meme rencontré quelqu'un qui est resté ceinture jaune pendant 8 ans avant de reçevoir sa bleue.

Les jeunes gars de l'académie vont à l'école (si leurs parents ont assez d'argent pour leur payer les cours de le jiu-jitsu, ils ont assez de les mettre dans une école privée) et donc, ne travaillent pas. Car contrairement à la classe moyenne Américaine typique, les Brésiliens ne pensent pas que le fait d'avoir un job a temps partiel après l'école soit pour un jeune une bonne expérience qui consolide son caractere. Les gars plus âgés ont tendance à avoir un emploi (s'ils n'en ont pas, ils ne peuvent pas financierement se permettre de faire jiu-jitsu), travaillant ils ne sont donc généralement pas libres pour suivre le cours de l'après-midi. Ainsi, les ceintures marrons et noires qui ont tendance à être plus âgés s'entrainent en soirée, alors que la plupart des ceintures bleues et violettes qui ont tendance à être plus jeunes s'entrainent l'après-midi. Bien sur je parle en general. Car les jeunes gars, et les ceintures bleues ou violettes de tous les âges sont parfaitement libres de s'entrainer le soir. Mais vous verrez beaucoup plus de ceintures noires en soirée, que pendant la journée. L'une des raisons est aussi que forcement les ceintures noires preferent venir s'entrainer quand ils s'attendent a retrouver d'autres ceintures noires.

Si je vais au cours "débutants" c'est parce que forcement je suis un débutant. Mais aussi parce qu'il est moins bondé et aussi parce que je pense qu'il est bon pour moi de tourner avec des mecs qui sont meilleurs que moi, mais pas d'un trop haut niveau non plus. Etant donné la quasi absence de ceintures blanches, les ceintures bleues font d'exellents partenaires. Je doute que je puisse soumettre l'un d'entre eux, mais je pense pouvoir raisonnablement me défendre. Contre des ceintures violettes, marrons ou noires par contre je pense qu'il n'y a qu'en reve que je puisse les faires taper...

Maintenant, il n'y a rien de grave dans le fait de taper, comme l'explique Jacare. En fait, c'est meme la clef pour progresser. C'est ce qui vous permet de pratiquer a fond et de facon réaliste sans risquer de vous blesser. (Si vous vous entrainez en Muay Thai chaque fois a fond avec un total réalisme, vous allez vous blesser tellement souvant que vous ne serez pas en mesure de pratiquer assez longtemps entre chaque blessure pour devenir bon.) En meme temps ne faire que taper ne vous aidera pas à beaucoup non plus. Il faut un équilibre. Si de temps en temps c'est bon de tourner avec des gens qui sont techniquement à des années lumières de vous, car il n'y a rien de mieux pour recadrer son ego. Etant donné que vous devez d'abord apprendre à marcher avant de pouvoir courrir, le mieux pour les entraînements de routine est d'avoir un assortiment de partenaires, certains un peu plus forts que vous et d'autres un peu moins. De cette facon, vous serez en mesure de pouvoir travailler tantot votre défense tantot vos attaques. Il est bon également d'avoir quelques mecs "clueless" (idiots), de sorte que vous puissiez reussir sur eux une nouvelle technique une fois ou deux avant de l'essayer sur un adversaire plus prudent ou plus dangereux qui vous le ferait payer si vous la tentiez et la ratiez sur lui (ce qui est susceptible de se produire la première fois qu'on tente une nouvelle technique).

Dans mon cas, il n'y avait pas de gars "clueless". J'ai dû payer chaque fois que j'ai tenté une nouvelle technique....

En fait j'ai beaucoup de chance que Jacare soit là, car normalement il vit aux États-Unis mais là il etait revenu à Rio pour les fêtes de Noël. J'allais pouvoir apprendre personnellement avec celui qui fut l'un des meilleurs étudiants de Rolls Gracie et aussi pouvoir parler avec lui de l'histoire du jiu-jitsu dont il fut le temoin et l'acteur d'une partie substantielle.

Depuis le boom, le nombre de tournois a fortement augmenté. Alors qu'avant plusieurs années pouvaient s'écouler entre deux tournois. Maintenant de grands tournois sont organisés a quelques mois d'intervals et depuis 1996, un championnat du monde a lieu chaque été en Juillet. Jacare lui était déja impliqué dans le milieu du jiu-jitsu depuis bien avant le boom, à une époque ou le jiu-jitsu etait principalement une forme d'auto-defesa (self-Défense), ce qu' il avait toujours été. (C'est en grande partie Rolls le professeur de Jacaré qui est a l'origine de la forme sportive de jiu jitsu).

Jacare pense tout le monde devrait d'abord avoir une solide base self-défense avant de se plonger dans les subtilités du jiu jitsu sportif. Généralement ses cours commencent avec deux ou trois techniques de défense contre les divers types d'attaques, comme une attaque par derriere, un headlock debout, et la plupart des autres attaques typiques en cas d'aggression. Toutefois, je n'ai jamais vu de défense sur une saisie de poignet. Peut-être que les Brésiliens ne se saisissent pas par les poignets. (Un jour j'ai montré à un étudiant une technique d'Hapkido sur une saisie de poignet, les autres se sont rapidement rassemblés autour de nous pour regarder et ont été impressionnés. Ils voulait tous savoir comment le faire eux-mêmes.)

La partie self-défense est courte. "Nous ne pratiquons plus autant d'auto-defesa qu'avant" me dit Jacare, "Parce que nous n'avons pas besoin" Il précise: "Nous pensons que tourner est la meilleure préparation pour l'auto-défense. Vous développez votre conditionnement, votre endurance, la résistance à la douleur, la sensibilité aux mouvements de l'adversaire, et les autres éléments dont vous avez besoin pour une bonne auto-défense "

c'est plus amusant aussi.

Jacare m'explique que le jiu-jitsu a été initialement conçu pour l'auto-défense, mais beaucoup de gars jugeaient trop fastidieux de répéter sans cesse des mouvements contre des attaques qui n'avaient de toutes façons jamais lieu. Ce qu'ils aimaient c'etait tourner. A cette époque les règles et le systeme de pointage tels qu'on le connait aujourd'hui n'existaient pas (il parle de sa période avec Rolls de la mi 60 à 1982) malgré tout il etait convenu que le fait de passer la garde est mieux que de se la faire passer, etre en monte est mieux que d'etre monté et ainsi de suite, et bien évidemment, soumettre son adversaire etait ce qu'il y avait de mieux. C'etait une sorte de reglement non officiel, mais généralement compris et accepté de tous. Cette forme de competition (qui nous faisait tous progresser) et l'ouverture d'esprit qui consiste a intégrer au jiu jitsu de nouvelles techniques d'ou qu'elles viennent. Sont deux choses dont Rolls est à la base.

Il ya des Brésiliens qui reprochent à Rorion de monopoliser le nom de famille, ses oncles Carlson et Carley pour ne citer qu'eux. Jacare, comme d'autres, a une vue plus pragmatique. Rorion est devenu plus riches que tout le monde,ok. Mais si aujourd'hui les gens gagent de l'argent en donnant des leçons, en vendant des vidéos, en combattant etc... C'est grace a lui. "Não se pode tapar o sol com a paneira" ajoute-t-il (vous ne pouvez pas bloquer le soleil avec un tamis). Je n'avais aucune idée de ce que cela signifiait.

Le lendemain, j'arrive plus tot à l'academie, de maniere à regarder les différents cours. Le cours "Infantil" est donné par Rodrigo Medeiros et Ricardo Vieira, tout deux ceinture violette (Rodrigo était encore ceinture bleue lors de mon précédant sejour chez Master jiu jitsu six mois plus tot, et sera ceinture marron au moment où je quitterai l'ecole dans 2 mois). Les Brésiliens sont réalistes quant à ce que des enfants peuvent et veulent faire. Leur durée d'attention est courte et ils ne sont pas vraiment très préoccupés par l'auto-défense à cet âge. Une grosse partie du cours consiste donc à laisser les enfants brûler leur énergie, en courant, en donnant des coups de pied dans un ballon de football, en luttant, l'important est que petit a petit ils s'habituent à être dans une académie et absorbent la façon dont les choses se font et ce qu'elles signifient. La classe commence et se termine à une heure fixe. Ricardo et Rodrigo demandent leur attention de temps à autre pour organiser une nouvelle activité. Rodrigo leur enseigna ce jour là une technique plutot interesante, une sortie de monte. Etant adaptée a des enfants elle ne fonctionnerait certainement pas tel quel sur un adversaire adulte mais je me dit qu'en l'utilisant a partir de la garde cela pourrait donner un renversement interresant. Même à cet âge, ils apprennent des techniques utiles.

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Arrive ensuite le cours "Juvenils" aussi donné par Rodrigo et Ricardo. La combustion d'énergie est egalement au programme dans ce cours. Et pour tout vous dire n'ai jamais vu un cours adulte ou l'echauffement etait d'une telle intensité. Il n'y a que des adolescents de cet age qui soient capables de depenser autant d'énergie tout en étant ensuite capable de poursuivre le cours. L'échauffement est en fait combiné avec des exercices techniques. Tout d'abord, des takedowns ensuite des passages de garde, enfin un exercice de clinch avec une variante interessante. Un des gars essaye de gifler l'autre au visage, l'autre a deux solutions soit aller au clinch soit se faire gifler. Etant donné que personne n'aime se faire gifler, cet exercice pousse l'eleve à travailler son clinch énergiquement. J'aurais aimé travailler une fois de cette facon, mais je n'ai jamais vu cet exercice se faire dans un cours adulte. Après tout cela, ils ont commencer un cours ordinaire: positions et combats. J'étais épuisé rien que d'avoir regardé le cours....



Le cours suivant est le cours "Adulto" de l'apres midi. Comme mentionné plus haut, ce cours est essentiellement composé de jeunes gars ceinture bleue. En fait il y a plus de ceintures bleues que de ceintures blanches dans toutes les académies, que j'ai visité au Brésil (contrairement a Los Angeles, ou les ceintures blanches et les ceintures bleues ont tendance a suivre des cours differant, et contrairement aussi à Tokyo au Gracie Japan). L'une des raisons est que le jiu-jitsu est maintenant bien établi et les classes comptent peu de nouveaux arrivants en regard au nombre d'anciens. Une autre raison est qu'il est relativement facile d'obtenir une ceinture bleue à Rio (par rapport aux autres endroits ou je me suis entrainé). La plupart conviennent que six mois d'entrainement régulier, trois jours par semaine suffisent pour obtenir une ceinture bleue.

Jacare donne le cours. Il semble qu'il aie envie de travailler des techniques debout aujourd'hui. Ses techniques sont bonnes, solides, nous voyons une défense contre un coups de poing. En l'occurence un large swing. Jacare recommande un overhook, de facon a parrer le coup de poing, et ensuite emprisonner le bras pour effectuer un takedown ou une projection. Jacare nous met en garde, "Attention!! il peut toujours frapper de l'autre main donc soyez prêt à overhooker l'autre bras si il tente de frapper. Ensuite, vous pouvez vous décaler , et le projeter par dessus votre hanche.

Par contre sur un direct (un coup rectiligne) c'est autre chose, dit Jacare. Vous ne pouvez pas utiliser un overhook sur un coup de poing qui est "à l'intérieur" ( pour emprunter un concept de kali). Au lieu de cela, vous devez le parer de facon a vous décaler et vous retrouver à l'exterieur de la trajectoire du coup de poing, le mieux est de se retrouver presque derriere l'adversaire. Une fois que vous avez fait ca, il est facile d'aller au clinch et poursuivre avec un takedown de votre choix. Un point à retenir, ajoute t il, si vous êtes derrière lui, mettez un pied en arrière, afin d'eviter qu'il ne vous contre en vous projetant. Ils faut toujours supposer qu'il a un plan B, en conséquence ayez toujours vous aussi un plan B ou C

La technique suivante attire mon attention parce que je me rappelle l'avoir vue dans un kata Goju-ryu. Bien que j'aie étudié le karaté Goju-ryu pendant cinq ans (1972-1977), à aucun moment une quelconque technique d'auto-défense ne m'a explicitement été enseignée. En fait, le sensei (Un membre du "hall of fame" du magazine Black Belt) nous mettait souvant en garde de ne pas essayer d'utiliser le karaté pour l'auto-défense (il recommandait la fuite, je lui donne une bonne note pour sa sincérité). En fait je pense les techniques étaient "cachées" dans les katas que nous apprenions. Peut-être, étions nous censés nous rendre compte par nous meme que ces techniques étaient dans les katas et peut etre étions nous aussi censés les extraires par nous memes? Malheureusement, nous étions trop occupés à mémoriser les mouvements du kata pour le prochain passage de ceinture pour avoir le temps de réfléchir à quoi la plupart de ces mouvements étaient censés servir. (occasionnellement le sensei nous expliquait que tel mouvement pouvait être utilisé soit comme un bloclage ou un coup de poing par exemple, malheureusement il avait tendance a le faire dans les cas où c'etait une évidence). Conclusion effectivement des techniques de self-defense etaient bel et bien cachés dans les katas mais si ni le sensei ni les anciens ne vous le disent il faut plusieurs années pour s'en rendre compte, les extraire et comprendre leur application.

Ce type de "télépatie" est considérée comme allant de soit au Japon. Pour eux etre explicite n'est pas une vertu, les Japonais croient que tout ce qui est facile à apprendre n'est pas intéressant à savoir. Les Brésiliens n'ont pas ce problème avec ce qui est explicite. Ils ont meme tendance à préférer ca. Ils considerent qu'une chose est interresante à savoir du moment ou elle apporte quelques chose à celui qui l'apprends, le fait que ce soit difficile ou facile n'a rien avoir. Les Japonais croient que faire les choses difficilement développe et démontre le respect et la moralité d'une personne. Pour les Brésiliens si vous faites quelque chose difficilement c'est parce que n'avez pas trouver un moyen plus facile de le faire.(Toute personne sensée préfère faire les choses facilement, car ca lui laisse plus de temps pour aller à la plage) ou que vous n'avez pas les relations necessaires pour trouver quelqu'un qui le fasse pour vous. Le Brésiliens mettent l'accent sur la fonction plutôt que la forme, le résultat plutôt que le processus. Maintenant, évidemment, la fonction et la forme, le résultat et le processus sont liés. Parfois, cela donne de meilleurs résultats d'ensemble de mettre l'accent sur le processus comme le pensent les Japonais. Mais cela ne fonctionne qu'a condition d'avoir affaire a un nombre de personnes assez semblables, très bien organisées et qui ont été spécifiquement éduquées pour être bonnes et suivre scrupuleusement les instructions.Dans ce cas le model Japonais fonctionne très bien. Mais ces conditions n'ont jamais existées au Brésil et les Brésiliens n'ont pas adopté cette ligne de conduite comme modèle d'éducation. (Les Brésiliens trouvent certains aspects de la culture japonaise interessants, mais cette discipline excessive qui regit une grande partie de la vie japonaise et les relations humaines, n'en fait pas partie)

Il y a une pause de plusieurs heures avant le prochain cours "adulto". Fernando Gurgel, le frère aîné de Fabio, est chargé de ce cours. Le surnom de Fernando est Magrão, qui signifie "maigre". Peut être l'etait il lorsque qu'on lui a donné ce surnom, mais maintenant avec ses 1m85 et environ 85 kilos, ses énormes mains et avant-bras, il est loin d'etre maigre. Dans ce cours presque tout le monde est ceinture noire ou marron délavée. Il y a juste une poignée de violettes, bleues et blanches. Jacare est là aussi, pour être avec ses anciens amis, et s'entrainer un peu avec eux.

Jacare a 45 ans, il fait environ 1m80 pour 75 kilos. L'inconvénient quand on est aussi bon que lui, c'est qu'il est difficile de trouver des gens qui puissent vous mettre en difficulté à l'entrainement. Mais si vous êtes un bon professeur, vos élèves deviennent aussi tres bons, peut-être meme aussi bons que vous. Peut-être meme meilleurs. Jacare doit avoir été un bon professeur, parce qu'il a beaucoup de bons élèves: Fabio Gurgel, Roberto Traven, Alexandre Paiva, Rodrigo "Comprido"Medeiros (tous les quatre champions au Mundial) pour ne citer qu'eux.

Jacare appelle, une énorme ceinture marron pour tourner avec lui. Cette ceinture marron a assez de force et de compétences (ayant bénéficié d'un excellent enseignement) qu'il pourrait peut être bien être en mesure de faire taper son professeur. Si pas le faire taper, du moins lui faire perdre la face si celui ci n'est pas en mesure de vaincre sans effort son jeune élève qui pèse facilement 25 kilos de plus que lui. Alors qu'un professeur de karate "touché" par un élève dans un combat peut s'en sortir en finesse en disant à son élève "joli coup" car le fait qu'il soit apte a juger de la qualité de la technique montre qu'il est superieur (imaginez un eleve touché par son professeur lui dire "joli coup"...) ou en lui disant que de toute facon le coup n'etait pas bien donné et qu'il n'etait pas assez puissant pour faire des degats.

Un professeur de jiu jitsu lui ne peut pas utiliser cette "pirouette". En dépit du fait que tout le monde dit qu'il n'y a rien de grave à taper, il y a des gars qui prefereraient se faire casser le bras plutot que de taper contre une ceinture inferieure. (Souvant ceux qui disent qu'il n'y a rien de grave au fait de taper, sont ceux qui sont si bons que cela ne leur arrive jamais d'avoir a le faire). Le fait que l'on doivent répeter sans cesse que ce n'est pas grave de taper, trahi le fait que beaucoup présentent une forte réticence à le faire. Je n'ai jamais vu personne se faire volontairement soumettre par une ceinture inférieure ou ne pas etre gêné ou visiblement dérangé si cela lui arrive. Si vous taper, c'est parce vous ne pouvez plus faire autrement, ce qui signifie que la technique de votre adversaire etait reussie, du moins assez pour faire sauter vos jointures ou pour vous endormir ou asphyxier si vous n'aviez pas taper.

Durant le combat, l'élève ceinture marron a fait tout ce qu'il pouvait pour essayer de faire taper Jacare. Ce n'est pas considéré comme un manque de respect. C'est tout simplement la réalité du combat. Si votre professeur de jiu-jitsu, vous appelle pour tourner avec lui, tourner ca veut dire tourner. Lui va peut etre "jouer" avec vous, décider de ne pas specialement essayer de vous soumettre. Mais il s'attend à ce que vous, vous fassiez de votre mieux pour vous défendre et l'attaquer. Une jour j'ai entendu une ceinture bleue qui venait de tourner avec Rickson, dire aux autres (une fois que Rickson soit parti, bien sûr) qu'il avait presque fait taper Rickson, mais qu'il l'avait laissé sortir. Tout le monde se moqua de lui.

Faire taper l'autre n'est pas toujours une finalité. Les Brésiliens ont beaucoup de bon sens. Si le jiu-jitsu a été conçu pour permettre aux plus petits et plus faibles de pouvoir se défendre voir soumettre des plus grands et plus forts. Cela ne signifie pas qu'une ceinture noire de 55 kilos va passer du bon temps contre une ceinture violette de 120 kilos. Royler est peut etre meilleur en jiu-jitsu que Mario Sperry, mais pas suffisamment pour compenser une différance de 25 kilos en sa défaveur. Le niveau technique a de l'importance, mais le poids aussi. La chose qui a le plus d'importance dans un cas particulier dépend d'un ou plusieurs facteurs qui doivent etre specifiés à l'avance. Parfois il arrive que personne ne tape parce que les deux combatants sont d'un niveau égal que ce soit en defense ou en attaque. D'autres fois, c'est parce que l'un ou l'autre a décider de tourner en travaillant autre chose que les finitions comme par exemple prendre, conserver, sortir ou retrouver une position particuliere, on peut aussi tout simplement travailler la mise en place d'une technique de finition sans l'exécuter.

Le cours "adulto" de 19h30, devrait deja avoir commencé, la pluart des gars sont là, relax, ils discutent, d'autres font de légers étirements. À environ 19h45, Magrão se lève et commence le cours par un petit échauffement. Certaines ceintures noires et marrons restent là où elles se trouvent. L'echauffement terminé, Magrão montre les techniques, deux variantes a partir d'une omoplata (une clef d'épaule). La plupart des gars plus âgés, pour qui ces deux techniques semblent familieres ne prennent meme pas la peine de les pratiquer. Sergio Malibu m'avait dit que la plupart des techniques de jiu-jitsu sont assimilées avant la ceinture marron, après c'est plus une question de perfectionnement plutôt que d'apprendre réellement. Cela semble être vrai. Les ceintures noires et marrons sont venues pour tourner. La partie "combats" dans le cours "Adulto" du soir est moins structurée que dans les autres cours. En fait, le seul semblant de structure vient du fait que Rodrigo (qui semble vivre à l'académie) chrono en main dise "vai" pour commencer et "tempo" pour s'arreter dix minutes plus tard. Ceci dans l'intérêt de ceux qui voudraient tourner dans les délais. Malgré ca la plupart des gars commencent quand ils le sentent. Ils s'arretent neanmoins quand Rodrigo dit "tempo" afin de changer de partenaire. Il est rare qu'un gars tourne deux fois avec le meme partenaire pendant le cours, surtout deux fois de suite, mais de toutes facons dans ce cours chacun fait ce qu'il veut. Le cours est censé se terminer à 21h00, mais certains prennent congé plus tôt et certains continuent de s'entrainer. Un ou deux arrivent meme apres 21h00. Les ceintures noires et marrons ne semblent pas avoir envie ou besoin d'un cours structuré de façon rigide, mais plutôt d'un lieu ou il peuvent tourner entre eux. La plupart d'entre eux sont de vieux amis et s'entraînent ensemble depuis longtemps. le Jiu-jitsu a été une grande partie de leur vie et grâce à la révolution Gracie, ils font partie d'une élite. Parfois des gars viennent à l'academie simplement pour voir leurs amis.

Jacare est au Brésil pour quatre semaines, il est venu a Rio pour les vacances de Noël et de Nouvel An. Ensuite il retournera à Atlanta, ou il a ouvert une nouvelle academie. Rodrigo prendra alors en charge les cours de Jacare. Magrão fera les cours du soir, s'occupera de superviser les open-mat et donnera les lecons privées le samedi. A l'academie, je tourne souvent avec Rodrigo. Pour le moment il semble travailler son omoplata. A chaque fois que je pense avoir reussi a passer sa garde je me retrouve pris en omoplata (Ricardo recevera sa ceinture marron, moins d'un an apres avoir recu sa violette). Jacare a raison quand il dit de lui qu'il est est un "natural jiu jitsu fighter" Sachant qu'en plus Rodrigo est à l'academie 5 jours sur 7 du matin au soir. Ca ne peut pas lui faire du tord....

Souvent j'ai le sentiment de reussir une brillante initiative, peut-être même d'etre proche de finaliser Rodrigo. Mais ce n'est qu'une illusion. Il sait jusqu'a quel point il peut se permettre de me laisser lui prendre le dos ou le cou avant de travailler sur ce qu'il avait prévu et me finaliser. Mes journées sont faites de déceptions. Les pièges sont partout....

Je n'ai pas eu ce problème la seule fois ou j'ai tourné avec Magrão. Il ne m'avait pas vu souvent et donc ne connaisait pas mon niveau. Certes, j'etais ceinture blanche et lui ceinture noire et il y a un fossé entre une blanche et une noire. Mais parfois, meme un debutant peut reussir un truc qui mette en difficulté un gars bien meilleur que lui pendant un certain temps. Parce qu'il ce peut que ce debutant aie un gros background en lutte en sambo ou en judo ou qu'il soit anormalement souple. C'est pour ca que Magrão ne prit aucun risque avec moi. Il a directement évité de venir dans ma garde, c'est positionné en croix sur moi, et m'a rapidement finaliser. Apres quoi il me dit sur un ton amical: " Il faut du temps pour s'habituer aux positions"

Beaucoup de gens m'ont dit que taper souvant lorsque on est ceinture blanche est la clef pour progresser. (On m'a dit aussi de profiter de cette liberté que la ceinture blanche offre de pouvoir le faire sans crainte, parce que au fur et a mesure qu'on avance, il y a chaque fois de moins en moins de gars, contre qui on peut le faire sans etre embarassé ou etre le sujet des moqueries des autres.) Si c'est vrai, je vais devenir sacrément bon...

Au cours de l'été (qui dure de décembre à mars au Brésil), nous nous entrainons "sem kimono" (sans GI). Cela produit des effets intéressants. L'un d'eux est que sans mon kimono, alors que je tournais avec Fabio Duarte, un grand mec d'environ 100 kilos récemment promu ceinture bleu, il alla chercher mon bras et me verouilla en kimura alors que j'etais en half mount sur lui . Donc le danger peut survenir meme lorsqu'on se trouve dans ce qui semble être une position supérieure. Dans le même temps, j'ai trouvé qu'il était plus facile d'éviter de me faire verouiller le bras par des petits gars souple quand j'etais dans leurs gardes. C'était également plus facile de leur passer la garde (ou plutôt ca permettait de reussir de temps a leur passer la garde.) Mais ils avaient à leur tour plus facile de sortir quand j'étais en croix sur eux.

Autre chose, lorsque des gars que vous ne connaissez pas, se presentent devant vous pour tourner, vous ne savez pas quelle est leur niveau de ceinture, etant donné que nous ne portons pas nos ceintures. J'essaye alors de deviner leur grade indirectement, en observant leurs interactions avec Rodrigo de facon a estimer environ depuis combien de temps ils pratiquent. Leur taille ou les expressions du visage ne fournissent pas d'informations utiles, mais plus tard il s'est avéré que les mecs qui avaient le plus d'experience étaient généralement ceux qui semblaient les plus détendu avant de commencer à combattre.

Un gars arrive, à peu pres de ma taille, il m'appelle pour tourner avec lui. Directement j'essaye de le prendre dans ma garde en utilisant un mouvement que m'avait précédemment enseigné Sergio Malibu. Ca ne fonctionne pas, il passe sur le coté et se retouve aussitot en monte. Mes tentatives pour sortir avec la "uupah" sont infructueuses. Il saisi alors ma gorge avec les deux mains et commence à serrer. Je me sers de mes bras pour briser son emprise, et retente une uupah qui échoue à nouveau. Ca lui permet de reprendre son etranglement qu'il effectue avec encore plus de pression. je réitère l'opréation encore et encore, jusqu'à ce que finalement il me semble qu'il soit plus facile d'être étranglé que de continuer de lutter en vain. Je tape...

C'est assez décourageant, parce que son attaque était si basic, n'importe quel clown peut faire ca. Je n'avais jamais vu quelqu'un essayer quelque chose d'aussi peu technique dans toute l'académie. Cet étranglement porte un nom à Rio. Rodrigo l'appelle un "Copacabana choke". Il me précise que le Copacabana choke c'est juste pour "brincar" (plaisanter) parce que c'est trop facile de s'en échapper. Quand il m'a dit ca j'étais encore plus découragé, parce que de toutes evidences je n'avais pas su m'en échapper. Rodrigo me montra alors la sortie (j'avais échoué parce que je n'avais pas été en mesure de renverser le gars, qui s'averera être une ceinture violette). Mais il y avait autre chose. Au lieu de saisir ses bras comme je l'avais fait par l'extérieur, il fallait faire l'inverse, en placent mes avant-bras à l'intérieur de ses coudes, de facon a les bloquer. C'est ce qui l'empecherait de se servir de ses bras pour prendre appui lorque je tenterai la uupah. Et si pour une raison quelconque, la uupah ne fonctionne toujours pas, au moins il ne sera pas en mesure de continuer a etrangler.

Lorsque je suis arrivé au Brésil, ma priorité était de pratiquer le jiu-jitsu autant que possible. En conséquence, je m'entrainais au moins cinq jours par semaine, parfois six. Ma deuxième priorité etait de ne pas me blesser pendant l'entraînement. En temps normal, une légère blessure qui vous tiens en dehors des tapis pour une semaine ou deux n'est pas une catastrophe majeure. Mais lorsque vous avez parcouru la moitié de la planete dans l'unique but de vous entrainer et que vous vivez à l'hotel, deux semaines voire meme une seule, c'est tres long...

Ainsi, lorsque l'inévitable s'est produit, une légère blessure au genou, mais qui limitait ma mobilité et dont le temps de guerison etait estimé a deux semaines. j'ai décidé qu'il était probablement temps de repartir. Le fait que je sois a cours de liquide et que j'avais atteint le plafond de ma carte Visa a aussi influencé ma décision.

Etait-ce la fin de l'odyssée de Roberto dans le monde du jiu-jitsu ? Non juste un interlude....

Note: En fait, mon premier arrêt au Brésil fut São Paulo ou je me suis entrainé à la "Rick Kowarick's Top Form Academy" ou l'enseignement etait aussi de tres bonne qualité. J'ai écrit au article a ce sujet dans le numero de Juillet 1998 de Black Belt magazine. C'est Rick qui m'a dit: "Si tu veux voir le meilleur jiu-jitsu va à Rio." c'est ce que je fis.

- GRACIE HUMAITA: Entrainement avec Robin, Rokler et Royler a Botafogo

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Mon premier arrêt au Brésil fut São Paulo. Il ne me fallu pas longtemps pour comprendre que l'endroit ou je devais aller etait Rio.... São Paulo est une autre grande ville semblable à celles où je venais de passer les douze dernières années, Séoul, Tokyo, Bangkok. Bien sur São Paulo c'est le Brésil, mais pour moi, ca ne ressemblais pas au Brésil. Du moins pas le Brésil, comme je me l'imaginais. Donc direction Rio de Janeiro. Rien de plus simple, il suffit de prendre un bus au terminal de Tiéte et six heures plus tard vous êtes à Rio. Là vous montez dans un bus local et 30 minutes de plus et vous promener le long de la plage de Copacabana au milieu des "garotas" (filles) en bikinis.

J'arrive à Rio au cours de l'après-midi, je prends la chambre la moins chere dans l'hôtel le moins cher que je trouve. C'est au 8eme étage de l'Hôtel San Marco à Ipanema. Les ascenseurs ne vont que jusqu'au 7ème et ne m'inspire pas trop confiance. Il n'y a pas d'alarme incendie ni escaliers de secours et l'escalier est dangereux, même lorsque le bâtiment n'est pas en flammes.

L'un des élèves de Royler à São Paulo m'avait donné le numéro de téléphone de Royler. J'appelle l'Académie. Quelqu'un me reponds, et là je me rends compte que le portugais brésilien que j'avais appris ne va pas être suffisant. Les Cariocas (habitants de Rio) parlent un genre unique de portugais. Royler vient au téléphone. Il parle bien l'anglais et m'invite à venir au cours ce soir.

Bien que pas tres loin, l'académie n'etait pas facile à trouver. Pourtant j'avais l'adresse: Rua Humaita, 52, à Botafogo (de l'autre coté du Lagoa Rodrigo de Freitas si comme moi vous arriver d'Ipanema) Je m'attendais a un batiment avec une grande enseigne avec le logo Gracie. Etant donné que cette academie etait celle ouverte par Helio en 1968, lorsque celle qu'il tenait avec son frère Carlos et ses neveux Carlson et Robson ferma..Quand j'arrive a l'adresse, celle du "Colegio Padre Antonio Vieira" - une école primaire catholique privée. Le gardien me dirige vers l'arrière et en haut de l'escalier. Jusqu'ici je ne voit rien qui ressemble a une academie. je m'avance, enfin une porte, et les mots "Academia de jiu-jitsu". J'étais arrivé.

Je pousse la porte, l'academie est petite en fait, il y a une piece qui fait office de bureau avec un ordinateur, un court couloir menant a deux salles dont le sol est recouvert de tatamis et un très étroit vestiaire avec des kimonos empilés un peu partout. Aux murs a coté de centaines de photos de visages tres celebres maintenant, la liste des prix. Pour un mois d'entrainement en groupe sans limitation, 110 reais brésiliens. Pour 200 reais, vous pouvez prendre une demi-heure de cours privé avec O Dottore Helio Gracie lui-même.

110 reais peut sembler bon marché, en fait ca l'est pour 10% de la population Brésilienne, mais pour les 90 % restants c'est deja trop chere.La plupart des mecs dans une academie de Jiu jitsu savent parler Anglais, etant donné que si eux meme ou leurs parents savent mettre 110 reais par mois pour des cours de jiu jitsu, c'est qu'ils ont assez d'argent pour leur avoir payé une bonne scolarité. Ce qui n'est pas bon marché ( au Bresil l'ecole primaire est gratuite mais le niveau n'est pas bon, disent les gens). Beaucoup d'entre eux ont déjà voyagé, et peut-être vécu et étudié aux États-Unis.


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La plus petite des 2 salles d'entrainement est celle utilisée pour les cours "iniciantes" (débutants). Royler me propose de me joindre a eux. Le cours est donné par son frère Robin, le plus jeune des sept fils d' Helio qui est seulement ceinture marron. Ceci prouve que les enfants Gracie, bien que né en kimonos, comme me l'avait dit Sergio Malibu, ne sont pas nés avec des ceintures noires. Ils doivent la mériter comme n'importe quel autre étudiant. J'ai vu Robin travailler pour obtenir la sienne en combattant contre des gars plus lourds et plus forts, qui parfois le dominait et personne a l'academie ne voyait rien d'étrange a ce qu'un instructeur, un Gracie de surcroit, se fasse dominé. Car c'est comme cela qu'apprends. il en donne l'exemple au élèves.

Lors de ce cours, Robin nous montra plus de techniques que la plupart des autres instructeurs, cinq techniques plutôt que les habituelles trois ou quatre. Tout d'abord, il nous montra le classic "ude garami" une clef d'épaule et de coude (que les Brésiliens appellent une Kimura en l'honneur du champion japonais qui a battu Helio avec cette clef en1951) une guillotine a partir de la garde. Après cela, il nous enseigna l'une des sortie de base sur kesa gatame et enfin, deux renversement a partir de la garde ouverte. Le premier était un renversement en X, qui aurait été inventé par Craig Kukuk quand il s'entrainait à Gracie Humaita. Il est largement enseigné, mais je ne l'ai vu qu'une seule fois etre utilisé sur une période de quatre années d'observation. Le second renversement, a du ravir les étudiants friands de mouvements techniques. C'est le renversement qui est enseigné par Mario Sperry sur sa série de vidéos "state-of-the-art" techniques ceinture noire.

Dans tout les cours de jiu-jitsu, après la partie "position", on débute la partie combats. Parfois, il existe des formes intermédiaires d'entrainements, en général pour les ceintures blanches. les combats commencent avec les deux gars face a face a genoux (éventuellement avec un genou posé au sol). Lorsque l'instructeur dit «vai» (allez) ils commencent a combattre en cherchant la soumission jusqu'à ce qu'ils entendent "tempo" (temps), cela peut varier entre 2 à 10 minutes. Vous ne pouvez pas savoir à l'avance combien de temps le combat va durer, mais généralement il correspondant a la durée d'un combat dans votre catégorie de ceinture qui est de: 5 minutes pour les ceintures blanches, 6 minutes pour les ceintures bleues, 7 minutes pour les ceintures violettes, 8 minutes pour les ceintures marrons, et 10 minutes pour les ceintures noires. Une fois que le combat commence l'un ou l'autre est libre de faire ce qu'il veut. C'est juste de l'entrainement ce n'est pas le Mundial.

Malgré cela de nombreux types combattent à l'entrainement comme si ils étaient au Mundial. A cause de ca ils evitent de se retrouver dans de mauvaises positions d'où il est difficile de sortir. Par conséquent, ils ne travaillent pas assez leurs sorties. Alors que les sorties sont une compétence essentielle. Donc, de temps en temps, l'instructeur les places délibérément dans une mauvaise position. Les gars qui ont un ego surdimentionné, quand il n'arrive pas a sortir d'une position, te disent alors que dans un véritable match, ils ne se seraient jamais retrouvés dans cette mauvaise position de départ....

La forme la plus courante de combat a partir d'une position de départ définie est celle à partir de la garde. L'un prend l'autre dans sa garde et ils combattent jusqu'à ce qu'on dise "tempo", ou jusqu'à ce que soit l'un passe la garde ou que l'autre ne renverse ou soumette l'autre. Même les étudiants "avancés" travaillent de cette maniere de temps en temps. Toutefois, ca a tendance à être moins utile pour eux etant donné qu'ils ont déja de bonnes compétences en matiere de sorties. Ils peuvent travailler a partir de la garde comme ils le veulent, en sachant que meme si la garde est passé ils peuvent (probablement) la retrouver (il est plus facile de la récupérer si votre adversaire tente de vous soumettre plutot que si il essaye simplement de vous immobiliser. Mais immobiliser est plus une technique de lutteur, les mecs du jiu-jitsu n'aiment pas les immobilisations ils trouvent cela inutile et ennuyeux).

Ma toute première experience en jiu-jitsu eu lieu a l'académie de Rickson (le grand frere de Royler) à Los Angeles. Lorsque la partie combats commenca , personne ne me demanda si je voulais ou non participer etant donné que c'etait mon premier jour, les mecs se presenterent un par un devant moi en disant "go". Malgré le fait que je n'avais aucune experience en grappling, j'ai tout de meme survécu, j'ai fait taper trois de mes quatre adversaires en utilisant les techniques que je venais d'apprendre. Cela m'a a la fois impressionné et surpris.

J'ai pratiqué le karaté pendant environ cinq ans, juste de l'entrainement ( pas de competition) de la boxe Anglaise et du Muay thaï pendant environ trois ou quatre ans (sans parler de plusieurs années de Kali et d'Hapkido) sans avoir la moindre idée de si oui ou non les techniques que je connaissait fonctionnaient réelement. Il faut avouer que cela m'aurait fait mal de me rendre compte que non. En Gracie jiu-jitsu les choses etaient completement differantes. Je venais d'appliquer avec succès les trois techniques que je venais d'apprendre 30 minutes auparavant. je compris dès lors que le fait de combattre est un élement crucial dans l'apprentissage du jiu jitsu. Depuis ce jour je ne rate pas une occasion de tourner avec un partenaire, et meme si comme tout le monde je n'aime pas frocement me faire soumettre, me faire soumettre de temps en temps (ou souvant, selon les cas) fait partie du jeu.

Un jour Robin m'appella ainsi qu'un autre débutant, pour nous enseigner ou plutot évaluer si nous avions saisit, les fondamentaux (mouvements de base). Il nous montra la "uupah" (sortie de monte), le plus simple (mais aussi la plus risqué) façon de passer le garde, l' étranglement "gyaku jime" , le scissora (renversement en ciseau) , le renversement avec balayage du tibia, juji gatame et enfin ude-garami. (qu'ils appellent Kimura) Après chaque démonstration, il me demanda d'executer les techniques sur lui, plutôt que sur l'autre débutant là (apparemment, afin qu'il puisse sentir ce que je faisais, plutôt que de voir ce que je faisais). Il semblait satisfait, car apres chaque mouvment il levait le pouce en signe de satisfaction.

Robin ne souriait pas. Royler sourit beaucoup. De même Rickson et Royce. Robin pas. Peut etre est ce du au fait qu'il a commencé le jiu-jitsu assez tard, qu'il est de petite taille et leger (environ 63 kilos.), qu'il est dominé par un grand nombre de gars plus fort. Ou c'est peut-être juste sa personnalité. Rolker le frère aîné de Robin ne pas sourit beaucoup non plus, du moins il ne l'a pas fait pendant la semaine que j'ai passé à leur école de Botafogo.

L'une des choses qui m'a le plus frappé à Gracie Humaita c'est les publicités et les patches en grand nombres sur les kimons des gars. Dans un dojo de judo, on est habitué à voir des kimonos d'un blanc immaculé. Les Japonais n'aiment pas se faire remarquer et attirer l'attention sur eux-mêmes. Cela fait partie de leur culture. Au départ quand les Américains ont appris le judo, ils ont adoptés la culture du dojo, qui est un microcosme de la culture du Japon. Ce n'est que récemment qu'ils ont commencé a mettre leurs logos sur leurs kimons a des endroits où ils peuvent être vus. Aujourd'hui en judo on utilise des gis bleus en compétitions, mais c'est une question de réglementation. Un des combattant porte un blanc et l'autre un bleu ceci afin que les juges et les spectateurs aient une meilleur visibilté de l'action.

Les Brésiliens portent egalement des kimonos bleus, mais pas pour la même raison. C'est simplement parce qu'ils aiment les kimonos bleus .Parfois, dans une competition de jiu jitsu les deux combattants portent un kimono bleu, ce qui rend l'action encore moins visible qu'avec deux gis blancs (car une ceinture foncée sur un kimono foncé ne contraste pas).

Il existe beaucoup de fabricants de kimonos au Brésil. Krugans et Machado sont les plus connus et les plus utilisés. (mais il y a aussi Torah, Senki, Berzek, Hunter, Koral, Shizen, Torvik, et Atama, on retrouve leurs pubs dans les magazines consacrés au jiu-jitsu, comme Tatame, Gracie Magazine, et Arena). Dans ces pubs chaque marque est approuvée par l'un ou l'autre grand combattant qui pose avec le kimono. Au bresil certains combattants sont sponsorisés. En plus du patch de leur academie, les kimonos des grands champions sont couvert de patches de marques de sandales, de jus de fruits, de lunettes de soleil, de supplements alimentaires etc... Avoir un "patronicador" (sponsor), signifie que vous êtes bon, du moins assez bon pour qu'une marque veuille associer son nom au votre dans l'esprit du public. Par conséquent, le fait de pouvoir arboré le logo d'un sponsor est une forme de récompense. Pour ce qui est du sponsoring des marques de kimonos, parfois, le kimono en lui-même est la seule rémuneration proposée. Certaines marques de kimonos apposent d'ailleur sur leurs kimonos un patch avec le logo de leur marque a la facon d'un sponsor.

Si le fait d'etre sponsorisé est effectivement une indication de votre bon niveau, il n'a pas la meme sigification que celle de la ceinture. la ceinture est une indication de votre niveau technique dans la vie de tout les jours à l'academie. Alors que le patch de votre sponors indique juste une chose: que vous etes bon dans votre categorie de poids et de ceinture. Si ce n'etait pas le cas la marque ne vous sponsoriserait pas...

Pendant ma semaine passée a Gracie Humaita je n'ai pas eu beaucoup l'occasion de discuter avec les frères Gracie. Robin ne parlait pas anglais, Rolker semblait inaccessible je n'ai rien eu à lui demander ou à lui dire de toute façon. Royler lui semble avoir un sens aiguisé pour les relations publiques. Ca lui vient peut etre de son frere Rorion. Royler était toujours prêt à discuter ou à être interrogé quand il était libre, mais malheureusement il n'etait pas souvant libre. A chaque fois que je l'ai vu a l'académie, il etait en sueur sur le tatame a tourner et tourner encore. Peut-être est ce grace a ca que depuis la creation du mundial Royler a remporté chaque année la medaille d'or dans sa categorie.

Je voulais un "lembrança", (un souvenir). Je pensais que chaque academie avait une abondance de t-shirts avec leur logo pour que les étudiants qui les achetes puissent ensuite les porter sur les plages, faisant ainsi de la publicité à l'academie en ayant payer pour ce privilège. Quelle brillant concept. Serait-il trop cynique de penser que Rorion en est a l'origine?. Malheureusement tous les t-shirts correspndant a ma taille avaient été vendus. Impossible de trouver dans toute l'academie un t-shirt a ma taille qui n'avait pas encore ete porté. Il s'avera que ce fut le cas dans chaque académie ou je me rendi par la suite. L'explosion du jiu jitsu avait été si rapide et si forte que les academie ne pouvaient plus répondre à la demande pour les t-shirts. Finalement, Royler trouva un t-shirt violet qui correspondait à ma taille, après avoir retourné une pile de vêtements en vrac dans un coin derrière un tapis roulé.

Un jour Roberto Traven entra a l'academie portant la ceinture qu'il venait de remporter en Russie a "l'Absolute Fighting Vale Tudo" . Traven est un membre d'Alliance les plus redoutables rivaux en compétition par équipes de Gracie Humaita (les quatre grandes équipes au Brésil sont Gracie Humaita, Gracie Barra, Carlson Gracie et Alliance). Malgré tout il semblait etre venu en ami. Ce qui dans un sens est logique etant donné que toutes les académies émanent de la même source: la famille Gracie, (le père et l'oncle de Royler). Tout le monde admirait sa ceinture, malgré le fait qu'ils en aient deja vues de nombreuses auparavant. Les murs etant remplis de trophées, de plaques et de médailles. Si la rivalité est forte entre Brésiliens, ils sont toujours ravis lorque l'un d'eux brille a l'étranger.

C'est presque difficile à croire, mais de nombreux Brésiliens ont une sorte de complexe d'infériorité. J'ai été stupéfait un jour d'entendre quelqu'un dire, "Le football est la seule chose dans laquelle nous soyons bons". Il était instructeur de jiu-jitsu!

Je n'étais pas le seul Américain en visite à Gracie Humaita à l'époque. il y avait aussi Blaine, un avocat de San Francisco. Il était également ceinture blanche et avait étudié avec Carley l'oncle de Royler en Californie. J'aimais l'idée qu'un riche avocat viennent pour un week-end à Rio juste pour s'entrainer avec les Gracie. Il n'était pas specialement meilleur que moi, ce qui m'a fait me sentir moins pitoyable. Blaine m'a demandé si j'avais etudié d'autres arts martiaux auparavant. J'ai menti j'ai dit non. Parce ce que de toutes facons ces arts martiaux me m'avaient servi a rien sur le tatame, et cela aurait été triste de dire qu'un supposé expert en des arts martiaux (ou au moins, quelqu'un avec de multiples "ceintures noires") est dominé sur le tapis par des personnes n'ayant pratiquement pas de background en arts martiaux si ce n'est que quelques semaines de Gracie Jiu-Jitsu. En fait plutôt que d'être un avantage comme certaines personnes naives pourrait le penser, mon bagage en arts martiaux fut plutot un obstacle à surmonter.

MASTER JIU JITSU: La théorie et la pratique du jiu jitsu selon Sergio "Malibu" Jardim

Rio de Janeiro est divisé en 3 sections: La Zona Norte (zone nord) Centro (le centre) et Zona Sul (zone sud). Copacabana, Ipanema, Leblon et Barra da Tijuca sont situés dans la zone sud. les Cariocas (habitants de Rio) qui peuvent se permettre de vivre où ils veulent, vivent ici.

Il ne serait pas vraiment exact de dire qu'il y a une académie de jiu jitsu à chaque pâté de maisons dans la Zona Sul, parce que certains blocs comptent plus d'une académie....

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La première que je remarque, à Ipanema, est "Master Jiu-Jitsu". Le panneau rouge sur la facade indique que Fabio Gurgel et Romero Cavalcanti enseignent ici. Je connais Fabio Gurgel pour ces combats contre Jerry Bohlander et Mark Kerr. Par contre je n'ai jamais entendu parler de Romero Cavalcanti.

J'entre, la séance d'entraînement commençe tout juste. Un grand gars au comptoir d'accueil, avec son bras dans une écharpe (il a attendu trop longtemps pour taper, explique-t-il), m'invite à regarder l'entrainement.

Il y a environ vingt gars sur le tapis, ou "tatame", comme les Brésiliens l'appellent. La plupart d'entre eux sont ceintures bleues. Il y a quelques blanches, un peu plus de violettes et une ou deux ceintures marrons. Il n'y a qu'une ceinture noire. C'est le professeur, Sergio Malibu.

Tout le monde l'appelle Malibu, mais son vrai nom est Sergio Jardim. Ce surnom vient du fait qu'un jour en rendant visite à un de ses nombreux amis Brésiliens vivant en Californie, il alla a Malibu Beach, il trouva ce nom cool, et décida de l'adopter. Au brésil la plupart des gens portent un surnom. Il n'est pas rare que des gens se connaissent depuis des années sans connaitre le veritable nom de l'autre.

Je me presente à lui. Je pensais qu'il suffirait de dire que j'étais intéressé par le jiu-jitsu, ce qui explique ma présence ici, et que j'étais un américain (ce qui explique mon mauvais portugais) je reussi tout de meme a lui dire en portugais: eu sou Americano e gostaria conhecer o Jiu-jitsu.

Malibu se montre assez sympathique (comme la plupart des Brésiliens) mais il veut avant tout savoir deux choses. Tout d'abord, ai-je deja pratiqué le jiu jitsu, et d'autre part, ai-je l'intention de m'entrainer maintenant? Je lui explique que je me suis entrainé 2 ou 3 mois à Los Angeles. Je ne connais que les positions de base (la monte, la garde et la croix ) et une poignée de simples soumissions. Je connais le système de graduation des ceintures (blanche, bleue, violette, marron, noire), et j'ai saisi en quoi le jiu jitsu diffère des autres arts martiaux, tels que le Karaté, le Muay thaï, le Kali, et l'Hapkido. Cela semble lui suffir, Malibu m'invite alors a prendre part a l'entrainement. Mais je lui dis que je préfère dans un premier temps observer un cours pour voir la façon dont ils s'entrainent au Brésil.

Il s'avère qu'ils s'entrainent plus ou moins de la meme façon dont on s'entraine à Los Angeles. Exepté que le cours est un peu plus "Brésilien" c'est a dire plus souple, plus détendu, mais aussi plus intense. Les cours durent soit une heure soit une heure et demie.(avec un échauffement plus long pour le cours d'une heure et demi) mais sinon la structure du cours est la même. Le debut du cours peut differer d'apres les élèves en présence. Si la majorité des élèves sont de jeunes ceintures blanches et bleues, le professeur prodiguera lui meme l'echauffement (qui peut être intense). Si les gars sont plus âgés et plus expérimentés, en particulier des ceintures marrons et au-dessus, ils s'échauffent chacun de leur coté à leur propre rythme. À un certain moment, le professeur demande l'attention de tous et explique une technique. En règle générale, ils voient trois ou quatre techniques par cours, habituellement ayant une connexion entre elles, mais parfois pas. En fonction de la composition de la classe, ils travaillent soit les techniques de base soit des techniques avancées, parfois un mélange des deux. Ce jour là Il n'y avait pas beaucoup de débutants dans au cours de Malibu. Les techniques qu'ils ont travaillées me passaient par au dessus la tête.

L'echauffement et les positions (le nom qu'il donnent a la partie "instruction" du cours) durent environ entre 30 et 45 minutes ce qui laisse donc les 30 a 45 minutes restantes pour la partie combats (cette partie du cours est parfois appelée "training") Ces combats sont pour la plupart du temps chronometrés (6 minutes) mais pas toujours. Dès qu'un combat est terminé ils en enchainent un autre en changent de partenaire et ainsi de suite. a noter que chacun est libre de se reposer tout moment et pour aussi longtemps qu'il le veut, mais peu le font.

Malibu m'explique : "c'est en combattant qu'on devient meilleur" Autant pour apprendre un nouvelle technique vous avez besoin d'un partenaire complaisant , autant pour apprendre à la placer vous avez besoin d'un partenaire qui résiste. Vous ne pouvez pas dire que vous maitrisez correctement une technique tant que vous n'etes pas parvenu a la placer a un adversaire qui resiste.

Je lui demande alors comment s'appelle en portugais le mouvement qu'il a enseigné à ses élèves dans ce cours ? Il n'a pas de nom, me repond il. C'est juste une des innombrables variantes de "raspagems" (sweeps, renversement). En portugais, "raspagem" signifie raser ou gratter. Dans la pratique, un raspagem est un mouvement dans lequel vous commencez en dessous avec les jambes autour de la taille de votre partenaire (garde) pour vous retrouvez ensuite au dessus a cheval sur lui (monte). Cette position de depart (la garde) n'est pas une mauvaise position, parce que même si vous êtes en dessous, vous pouvez tres bien défendre et même attaquer de manière efficace, principalement parce que vous pouvez vous servir de vos jambes pour transferer le poids de votre adversaire. Si toutefois vous aviez commencé en mauvaise position, par exemple en dessous, mais sans jambes autour de votre adversaire, et que vous finissez en meilleur position, se ne sera pas un raspagem mais une saida (une sortie). Il m'explique que renverser ou sortir ne se fait pas grace a un mouvement mais grace a une suite de differants mouvements qui sont tous aussi importants les uns que les autres dans reussite de la technique.

Le lendemain, je me presente donc a l'academie pour m'entrainer. Apres qu'Eduardo Luna l'assistant de Malibu ai prodigué l'echauffement, Malibu arrive dans son Gi (kimono) recouvert de patches colorés et de logos. Comme la plupart des autres professeurs de jiu jitsu, Malibu n'a pas de plan de cours en tant que tel, il décide des techniques qu'ils va expliquer en début de cours en fonction des élèves présent et des besoins de ceux ci. Aujourd'hui Malibu décide de travailler des mouvements de base dans la mesure ou il n'y a que trois autres éléves au cours en plus de moi et nous sommes tous ceintures blanches (il y a aussi Raphaël, un garcon de 14 ans ceinture verte). Tout d'abord, il nous montre comment se défendre contre un coup de pied et ensuite la façon de donner un coup de pied dans le style jiu jitsu (l'objectif de ce coup de pied n'est pas de blesser l'adversaire mais plutôt de créer une ouverture pour arriver au clinch.) Ensuite Malibu nous enseigne 2 techniques a partir de la garde, d'abord un renversement en utilisant un pied comme un "crochet", suivi d'une technique de "chave de braço" (clef de bras).

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Nous passons ensuite à la partie combat, Malibu m'appelle pour tourner avec lui. Un moment donné il du tenter 2 fois une clef de bras pour me finaliser. je n'en n'etais pas peu fier, sachant qu'en plus d'un avantage de poids de 13 kilos et ses 20 ans d'expérience, Malibu est un brillant competitieur. Il a entre autres obtenu la médaille d'or en 1996 aux Pan-Americans et fut champion du Championnat Carioca 1996 et 1997. J'ai eu par la suite encore plusieurs autres occasions de tourner avec Malibu, bien sur a chaque combat toutes mes tentatives d'attaque sur lui furent vaines, mais bon je ne m'attendait pas non plus a faire taper une ceinture noire quand j'ai deja du mal a le faire avec des ceintures blanches plus jeunes et plus legeres que moi....

Pourquoi Rapahël est il ceinture verte, est ce plus haut ou plus bas que la ceinture bleue ? Malibu m'explique : le systeme de graduation des ceintures est differant pour les enfants, la ceinture verte est le plus haut grade qu'un enfant puisse avoir. Si il estime en avoir les capacités un enfant peut venir s'entrainer avec les adultes, il y a beaucoup de cours ou il y a une grande mixité d'ages et de grades (a ce propos j'ai participé à plusieurs cours, ou il y avait des enfants de10 ans qui s'entrainaient aux côtés d'adultes qui avaient remportés des médailles d'or au Mundial en marron ou noire! Ce n'était pas typique, mais ce n'est pas rare non plus. Le fait est qu'il n'y a pas de ségrégation dans une academie de jiu-jitsu. Le jiu-jitsu est très démocratique, comme me l'expliquera Mario Sperry, trois ans plus tard) Lorsque l'enfant acquiert une certaine taille, de la force et de la maturité, en d'autres termes, lorsqu'il apparaît qu'il est capable de rivaliser avec des adultes il est promu ceinture bleue. Parfois un enfant a toutes les qualitées requises pour s'entrainer avec une ceinture bleue, exepté quelques kilos, ce qui fait que parfois il sera debordé par une ceinture blanche adulte beaucoup plus lourd que lui. Mais c'est comme ca, personne ne lui fera de cadeaux et il le sait. Le jiu-jitsu a été conçu pour permettre aux petits gars avec plus de technique de battre des plus grands gars avec moins de technique. Donc pas d'excuses. Bien sûr dans ce cas le grand gars connait également le jiu-jitsu. Si votre adversaire sait ce que vous allez faire, il est forcement plus difficile de le surprendre.

Un jour, un jeune enfant, de peut-être 16 ans pesant 55 kilos ceinture bleue tournait avec une ceinture blanche adulte qui devait faire au moins 20 kilos de plus que lui. L'enfant fit une erreur et est etranglé avec un mata leão (etranglement arriere). Personne ne le consola en lui disant, "Oui mais bon, ton adversaire est plus lourd que toi et il en connait certainement autant que toi sur le jiu jitsu". Non au lieu de cela, les autres l'ont raillés, et Malibu lui a même dit, "Comment as tu laissé une telle chose se produire?" Ce sont pourtant des choses qui arrivent que des ceintures bleues "tapent" coccasionellement contre une ceinture blanche plus grande et plus forte (habituellement des ceintures blanches qui sont sur le point de passer bleue). Bien sur pour le serieux du systeme de graduation des ceintures cela ne doit se produire qu'occasionellement . La peur de "taper" contre une ceinture blanche est une chose qui touche surtout les nouvelles ceintures bleues les quelques semaines qui suivent leur promotion car c'est le moment ou c'est le plus susceptible de se produire. (le fait d'etre particulièrement réticents au fait de "taper" aux cours des premieres semaines qui suivent l'aquisition de leur ceinture, est probablement ce qui explique la "jinx" (poisse) des ceintures bleues qui se traduit par un pourcentage supérieur à la normale des taux de blessures). D'un autre coté cette peur provoque aussi chez eux une forte motivation pour progresser.

En jiu jitsu la couleur de la ceinture a une vraie signification, en regle general une ceinture violette est sensée en savoir plus qu'une ceinture bleue. Bien sur il y a toutefois parfois des exeptions, par exemple une personne qui apprends un rythme extrêmement rapide, une personne qui est bleue depuis 10 ans ou une personne qui a une grande experience passée en judo etc...Un jour, j'observais le cours de l'après-midi, donné par Fernando Magrão (le jeune frere Fabio Gurgel.) Un jeune gars ceinture bleue tournait avec une ceinture marron. La ceinture bleue étrangle la ceinture marron, non pas une fois, pas deux fois, mais trois fois. La ceinture marron l'a regardé surpris la première fois, étourdis la deuxième fois, et dévasté la troisième fois. C'était un de ces événements anormaux. Moins de deux ans plus tard, cette ceinture bleue portait une ceinture noire (Tatame magazine décrit sa nouvelle ceinture "cai bem" bien ajustée), et au Mundial 1999, il a battu deux des meilleurs competiteurs (Mario Sperry et Roberto Magalhães ) Pour gagner la médaille d'or en absolute. Son nom: Rodrigo "Comprido" Medeiros.

Malibu aime parler de jiu jitsu d'ailleur il a beaucoup de choses a raconter sur ce sujet. C'est logique, cela fait plus de vingt ans qu'il pratique et il a pratiqué avec les légendes du jiu-jitsu. Malibu a commencé le jiu jitsu avec Rolls Gracie, le fils de Carlos, le neveu de Helio, cousin de Royce, Rorion, et Rickson. Lorsque Rolls est décédé en 1982, dans un accident de delta-plane, Malibu s'est alors entrainé avec Rickson (considéré comme le plus fort de la famille Gracie) jusqu'à ce que Rickson ne déménage aux États-Unis en 1989. Malibu ensuite c'est entrainé avec l'un des meilleurs élève de Rolls ( l'un des cinq à avoir recu sa ceintures noires des mains de Rolls.) Jacare. J'ai eu quelques moments de confusion jusqu'à ce que je réalise que Jacare était en fait le surnom de Romero Cavalcanti fondateur et co-propriétaire de l'académie Master Jiu-jitsu.

Pendant sa jeunesse Malibu c'est aussi entrainé avec la plupart des jeunes Gracie: Royce, Royler, Renzo, Ralph, et leurs cousins les Machado. Les Gracie sont nés avec un kimono explique Malibu et c'est a peine exagéré car il existe un film en 8mm ou l'ont voit Rorion et ses frères faire des projections sur un tatami a un age ou ils devaient a peine avoir fini de mettre des couches.

Malibu, a l'époque n'as tu jamais imaginé que le jiu-jitsu deviendrait ce qu'il est devenu aujourd'hui? "Jamais", dit il "Il était notre vie. Nous ne vivions que pour le jiu-jitsu. Il etait notre travail, notre famille. L'académie etait notre maison ". le Jiu jitsu etait pour nous ce que l'eau est pour le poisson.
En ce moment les lutteurs américains semble être dans tout les esprits. Ce sont les gars à battre, ils l'ont dit. Si ils sont assez bons, ils peuvent nous poser des problèmes, explique Malibu. Une ceinture blanche qui écoute dit, "Mark Kerr a le bras plus gros que ma jambe". Il s'agit là d'une plus ou moins exacte déscription des bras de Kerr. Kerr a récemment battu l'ami de Malibu, Fabio Gurgel. "J'étais là", dit il. «Je n'ai pas aimé voir Fabio perdre". Les juges ont donné la décision a Kerr. Mais Kerr n'a pas fait taper Fabio. "Comment un gars qui fait 30 kilos de plus que vous peut se dire meilleur si il n'est pas capable de vous finaliser ? Ok Fabio n'a pas gagné", Malibu l'admet, mais comment pouvez-vous dire que Kerr a gagné? (en fait, Fabio a admis que Kerr "a gagné le combat" ). Le problème c'etait les regles. Les lutteurs n'essayent meme pas de passer la garde. Dans ce cas, d'autant plus qu'ils ne portent pas de kimono, il n'y a pas beaucoup d'attaque, que vous pouviez faire.
C'est vrai, les lutteurs ne pratique pas de la meme facon. Les lutteurs ne combattent pas en kimono. En Vale tudo le contexte est à leur avantage. Le jiu-jitsu a été conçu pour l'auto-défense contre de plus grands, de plus forts adversaires, mais pour battre un lutteur olympique de 30 kilos de plus que soit avec avantage "surnaturel" de force (comme quelqu'un l'ajouté), qui ne fournit meme pas de vêtements utilisables comme levier, c'etait peut-être trop demander.

Pour voir du véritable jiu-jitsu (par opposition au vale tudo et a la self défense), m'explique Malibu tu dois aller voir un tournoi de un jiu-jitsu. Justement, une competition allait avoir lieu. Une competition entre élèves des differantes academies Alliance allait se tenir ce week-end pour sélectionner ceux qui allait representer l'équipe Alliance. Master Jiu-jitsu faisait partie des academies Alliance, le réseau d'écoles administré par Jacare. Fabio Gurgel viendrait de São Paulo, où il avait créé une nouvelle academie. Fabio ne combatterait pas mais viendrait avec son meilleur élève Leozinho tout récemment promu ceinture noire. A voir Leozinho on aurait pu croire qu'il serait plus à l'aise devant un ordinateur que sur un tatami. Mais quand il affronta Ratinho qui bien que plus petit, ressemblait lui à un combattant, avec un corps musclé et tracé . Je me rendis compte qu'il ne faut pas juger un livre à sa couverture. Leozinho rentra dans Ratinho comme un couteau chaud dans du beurre.
Le jeune ceinture bleue de tout a l'heure était là aussi...

Le tournoi avait lieu à l'Université Gama Filho, Je m'y rends avec Malibu dans sa vieille VW coccinelle, nous accompagnent Jorge Guimaeres (une ceinture noire et producteur de l'émission de télévision Passando a Guarda), et plusieurs autres combattants d'Alliance, dont Leo Branco et Robert Traven. Malibu m'explique les règles, qui sont simples en théorie, mais qui laisse aussi beaucoup de place à l'appreciation de l'arbitre, ce qui donne parfois lieu a des controverses. Les combats commencent debout (comme en judo et en lutte). Deux points sont accordés pour une projection ou un take-down (queda). Une fois au sol, deux points sont accordés si on controle l'adversaire avec le genou sur le plexus (joelho na barriga) ou si il renverse (raspagem et inversão da Guarda), trois points pour passer sa garde (passagem da Guarda), et quatre points pour la monte ou prise du dos (montada et Costa). Des points sont également accordés lorsque l'on est tout proche de reussir quelque chose (vantagem), ces points sont nécessaires quand le combat est tres serré. Les points de pénalité (punicão) sont déduites pour violations des règles, le plus commun est le "décrochage".

En ceinture noire les combats durent 10 minutes. En ceinture marron 8 minutes, et en violette, le bleue et le blanche ils durent respectivement 7, 6 et 5 minutes. Le combattant qui contabilise le plus de points à la fin du combat, gagne, à moins bien sur qu'un des combattants n'aie forcer l'autre a abandonner suite a une soumission. Cela ne se produit pas souvent. Peut etre parce que les combattants manquent de technique.(C'est ce que pense Rickson.) Peut-être parce que en jiu-jitsu les techniques défensives sont très efficaces. Ou peut-être parce les combattants qui s'affrontent sont d'un niveau tres proche. Quelle que soit la raison, les gars qui soumettent regulierement leurs adversaires sont très admirés ont les appelles des "finalizadors".

Il n'y avait pas beaucoup de "finalizadors" dans cette compétition. La plupart du temps pendant les combats, on aurait dit qu'il ne se passait rien, mais les spectateurs etaient attentifs. Il ne fait aucun doute, qu'ils connaisaient les différentes positions et l'importance des mouvements subtils. Les combats avec le moins d'action apparente suscitaient le plus d'enthousiasme. Le fait que rien ne se passe, mais qu'on sente que quelque chose allait se produire, mettait le public en trance . Le combat le plus palpitant fut un combat entre deux ceintures noires. Le combat commenca, comme la plupart des combats, un des combattant sauta et placa ses jambes autour de l'autre la taille de l'autre. Beaucoup de combattants aiment cette position, car elle leur donne la possibilité de marquer deux points grace a un renversement et aussi de tenter des etranglements ou des clefs, alors que pour le combattant du dessus la seule facon de marquer des points est de passer le garde. Pendant 9 minutes et demi, les combattants resterent dans cette position, celui au dessus essayant de passer la garde,et celui d'en dessous essayant de renverser l'autre, mais aucun ne parvint a ses fins. A quelques secondes de la fin il se passa quelques chose, je vis le combattant qui etait en dessous tourner la tete et parler a ses entraineurs. C'est ce moment qu'il choisit pour renverser son adversaire et ainsi gagner deux points, le match, et le titre....
Ce que j'ai trouvé d' atypique dans ce combat c'est le fait que la victoire ne se decide qu'a quelques secondes de la fin sur un mouvement et ce de facon tres subtil. Tres technique me dirent les bresiliens...

Sur la route qui nous ramenait Eduardo, Malibu et moi meme vers Ipanema, je demande a Malibu qui est au volant : " Elles signifient quoi ces lumieres rouges ?" pointant du doigt les feux de signalisations. "Elle signifient la meme chose qu'au Etats-unis" me repond il ettonné par ma question. "c'est étrange, aux Etats-unis elles signifient qu'il faut s'arreter" lui dis je. "C'est ce qu'elles signifient aussi au Brésil" me repondit il....Apparement mon sens de l'humour etait trop tordu. Parce que depuis que nous roulions Malibu avait bruler un a un tout les feux rouges qu'il y avait sur notre route..... En fait, je n'étais pas sûr que j'allais survivre a ce voyage. Eduardo lui n'était pas inquiet. Il semblait habitué.

De retour à l'academie le lendemain, je regardais un grand mec ceinture bleue, un champion d'état, tourner avec une ceinture blanche qui semblait en connaître assez pour offrir une bonne résistance, mais pas suffisamment pour être en mesure de menacer l'autre. À un moment donné la ceinture blanche attrape la tete de la ceinture bleue la tire pour tenter un headlock et se place dans une position qu'on appelle en japonais "Kesa gatame". C'est une position très rare au Brésil me dit Malibu. A bon Pourquoi ? (cela ressemblait à une position que j'avais vue cent ou mille fois dans des bagarres de cours d'école et dans les bagarres de rue aux USA. Un des gars enroule son bras autour de la tete de son adversaire) quand on est au sol il semble que c'est une bonne technique, du moins pour immobiliser un adversaire.

Non me reponds Malibu, trop facile de sortir ou de renversé. Pourtant cela ne parraissait pas trop facile pour la ceinture bleue, qui se debattait pour tenter de sortir de la position. Finalement il reussi a renverser son adversaire en utilisant "o grossuro" (ce que les Brésiliens appelle de la force sans technique). En realité il aurait pu renversé son adversaire facilement et techniquement si il avait l'habitude de travailler a partir de ce cas de figure. Mais comme cette situation est soit disant facile, il ne prend pas la peine de la travailler et a tout le mal du monde a en sortir lorsqu'elle se presente.

Cela m'evoque un paradoxe. Si vous savez défendre et surtout contrer une attaque, l'adversaire ne la tentera pas, la probabilité de succès étant trop faible, le coût trop élevé en conséquence. A partir du moment ou il n'attaque pas, vous ne defendez plus. Mais si vous ne defendez plus il devient alors attrayant pour lui d'attaquer. Si bien savoir defendre empeche les attaques d'aboutir. La clef est donc la défense. Mais d'un autre coté le fait d'attaquer sans cesse son adversaire l'oblige à se focaliser sur sa défence, ce qui donc l'empeche de faire autre chose, y compris attaquer lui meme. Donc, l'attaque est une forme de défense.

Comme la plupart des arts martiaux, le jiu-jitsu a commencé comme une forme d'auto-défense. Le jiu jitsu dans sa forme sportive comme nous pouvons le voir en competition est quelques chose de tres recent. Quand un art martial existe sous deux formes, l'original auto-défense et une forme sportive avec des règles et des points pour determiner le «gagnants», l'efficacité de l'auto-défense peut être sacrifié à l'efficacité à marquer des points dans les regles definies de la competition. A mon avis les Brésiliens ne travaillent pas cette position "kesa gatame" et ses sorties, non pas parce ce qu'elle n'est pas efficasse (car elle l'est). Ils n'utilisent pas cette position parce qu'elle n'offre pas de points en competition. En jiu jitsu vous ne marquer pas de points en immobilisant votre adversaire (contrairement au judo et a la lutte). De plus, vous ne pouvez pas vraiment attaquer votre adversaire a partir de cette position (la seule attaque serait une clef d'epaule appliqués avec les jambes). Pour cette raison, personne n'utilise cette position et donc ne travaille ses sorties.

Meme si vivre et s'entrainer à Rio est tres bon marché, vous ne pouvez plus rester si vous n'avez plus d'argent, et sans visa et autorisation, vous ne pouvez pas y travailler et donc gagner de l'argent (bien que, comme beaucoup de gens disent la bas, il ya beaucoup de choses en Brésil qu'on ne peut pas faire et que pourtant tout le monde fait). Malibu m'a encouragé a continuer de m'entrainer. "Tu es à mi-chemin de la faixa azul" (ceinture bleue). Mais voila je pars pour au Japon. Je serai à jamais une ceinture blanche. Sauf si un miracle se produit. Ou que je reviens au Brésil...

ARRIVA RORION : Ou comment Rorion Gracie a revolutionné la facon de voir et de s'entrainer aux arts martiaux aux Etats Unis.


Tout a commencé le jour ou un expert japonais Mitsuo Maeda de passage au Brésil, a enseigné les rudiments de la version japonaise du jiu-jitsu à un jeune brésilien de descendance écossaise appelé Carlos Gracie, qui l'a lui même ensuite enseigné à son jeune frère Helio. Ensemble, ils l'ont enseigné à leurs légions de fils, de petits fils et de neveux, et plus tard à d'autres Brésiliens assez curieux pour vouloir apprendre et assez courageux pour essayer.
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Le jiu-jitsu des Gracie est resté un secret brésilien jusqu'au début des années 90, pas par conception, mais parce que personne à l'extérieur du Brésil ne s'y était intéressé. Bien qu'un membre de la famille, Carley Gracie, fils de Carlos Gracie et neveu d'Helio, enseignait le jiu-jitsu à une petite échelle aux Etats-Unis depuis 1972, pas un article sur le "Gracie Jiu-Jitsu" n'etait paru dans les magazines d'arts martiaux pendant les années 70 ou 80. Rien jusqu'au "boom" de 1993. D'ailleur le premier article sur le sujet n'est pas paru dans un magazine d'arts martiaux, mais dans play-boy, en 1989. Cet article etait consacré au cousin de Carley, Rorion le plus agé des fils d'Helio qui, comme Carley, enseignait le jiu-jitsu aux Etats-Unis (depuis 1979). Mais à la différence de Carley et des autres membres de le famille, Rorion avait un diplome universitaire (en droit), et était ambitieux. Il voulait faire de l'art familial un empire mondial. L'Amérique était évidemment l'endroit ou commencer.

Le problème était que le public américain naïf avait une certaine conception de ce qu'etait les arts martiaux et le Gracie jiu-jitsu etait loin de ressembler à ca. Ceci etait du en grande partie à la popularité phénoménale du film de Bruce Lee Enter the Dragon et toutes les imitations qu'il avait engendré, les gringos crédules en étaient venu a associer les arts martiaux à quelque chose qui ressemble plus a de l'acrobatie et à de la gymnastique plutot qu'a de la self defense et du combat (Le pire c'est que les films d'avant l'ère Bruce Lee montraient des scenes de combats bien plus réalistes. Regardez  Shane ou From Russia with Love ensuite regardez n'importe quel film d'arts martiaux et dites moi quels films presentent des scenes de combats qui ressemblent le plus a des bagarres que vous avez vues ou auquelles vous avez participer)

Les Brésiliens ne faisaient pas non plus ce que les pratiquants d'arts martiaux etaient sensés faire dans l'imaginaire des gens. Ils ne grondaient pas, ne hurlaient pas, ne faisaient pas de grimaces. Ils ne cassaient pas des tuiles avec des coups de pieds sautés retournés, ne cassaient pas le goulot de bouteilles de whisky avec le tranchant de la main. Ils ne cassaient pas des briques ou des blocs de glace avec leurs tetes. Ils n'arrachaient pas les cornes des taureaux, ils n'assomaient pas des chevaux avec des coups de poings retournés, n'eteignaient pas des bougies grace a la puissance du ki etc... Ce que les Brésiliens savaient faire eux par contre c'etait soumettre rapidement les artistes martiaux qui executaient ces exploits impressionnants mais en fin de compte vides de sens.

Rorion avait un autre problème. Le Jiu-jitsu n'est pas un art qui se prette à des démonstrations soigneusement chorégraphiées (la méthode promotionnelle habituelle dans l'industrie des arts martiaux) Car les techniques ne semblent pas impressionnantes et souvant la plupart des gens ne comprennent pas ce qu'ils voient. Les techniques impressionnantes lors de démonstrations sont rarement les techniques qui sont efficaces en combat. Malheureusement ca, les potentiels futurs etudiants qui assistent a ce genre de demonstration ne le savent pas.

Mais Rorion avait un plan....

Lui et ses frères Rickson, Royce et Royler allaient lancer des defis a des combattants d'autres styles. Ces défis constitueraient un test et l'issue du combat prouverait la supériorité de l'un ou de  l'autre. Des challengers insouciants se presenterent. Jason Delucia par exemple était si confiant sur sa victoire contre Royce qu'il avait parié 500 $ sur le résultat (Jason dit qu'il respecte Rorion car celui ci refusa l'argent). D'autres eurent une attitude plus prudente (Erik Paulson dit que les Gracie sont des types les plus agréables que vous n'ayez envie de rencontrer, quand ils debarquerent sur la scène avec leurs défis , il les trouva "assez intimidants").
 
Apres cette serie de défis, Rorion a l'aide de son camescope realisa une serie de cassettes vidéos instructionnelles de Gracie jiu-jitsu et en fit la promotion grace a 2 autres cassettes (Gracie in action 1 & 2) qui comprenaient des vidéos de défis effectués au Brésil et ceux de Los Angeles dont nous avons parlé precedement. Sur ces cassettes on entendent Rorion en voix off expliquer que " 95% des combats de rue se terminent au sol apres un corps a corps" pendant que les images confirment ses dires en montrent les representants du Gracie jiu jitsu venirent a bout d'experts en Kung Fu, d'instructeurs d'Hapkido etc...
Le message était clair et Rorion n'etait pas subtil a ce sujet: Achetez nos cassettes, venez apprendre le jiu jitsu, donnez-nous votre argent. Malgré cela la technique eut son succes. Mais pour Rorion ce n'etait pas assez. De plus il realisa qu'on attire pas beaucoup de monde si il faut les inviter un par un chez soi et les battre dans un défi. Cela peut meme provoqué le phénomene inverse, des challengers battus peuvent se vexer, et ne pas revenir, ce qui serait une catastrophe.

Rorion réfléchissait : "Comment  faire connaitre le jiu jitsu a des milliers de personnes et surtout  les impressionner ?".

Il réalisa alors que la solution etait quelques chose qu'il connaissait déja : un vale tudo ! Des combats inter styles tres populaires au Brésil depuis les années 50 et meme avant. Dont son oncle Carlson avait ete un grand champion. Rorion lui meme ainsi que la plupart de ses freres et cousins avaient aussi deja participés a ce genre d'evenements. Rorion allait simplement en organiser un aux etats unis. Il l'appela "Ultimate Fighting Championnship" Le premier evenement (qui sera suivit d'une longue serie) eu lieu en 1993 Royce le petit frere de Rorion allait représenter le Gracie jiu jitsu dans ce tournoi face a des combattants venu d'univers aussi differants que le karate, le kung-fu, le judo, la boxe, la savate ou la lutte.

L'idée d'un tournoi style contre style, avec élimination direct a été en grande partie de ce qui fait le succès de la compétition. (Il pourrait bien avoir été inspiré par le succès du film avec Jean Claude Van Damme "Bloodsport", en 1987 qui raconte l'histoire de la soit disant histoire vraie d'un tournoi d'arts martiaux qui s'est tenu à Hong Kong.) De plus si chaque combat est un compétition individuelle entre les athlètes, c'est en même temps une compétition entre les "styles" qu'ils représentent.

Si Royce gagne le tournoi, les perspectives de merchandising serait illimitées. (Rorion fait donc en sorte d'enregistrer le nom de "Gracie Jiu-Jitsu» et le logo Gracie, destiné à être utilisé exclusivement par lui-même ou sous licence.) De plus le Gracie Jiu-Jitsu va pouvoir faire quelques chose qu'aucun autre art martial n'a jamais pu faire: non seulement donner la preuve qu'il est efficace mais aussi qu'il est plus efficace que les autres styles. (Rorion laisse bien sur sagement les téléspectateurs en venir à cette conclusion manifestement fallacieuse de leur propre chef. Lui se contentant simplement de dire qu'il est bon pour tout pratiquant d'art martial de completer sa propre pratique par la pratique du Gracie jiu-jitsu)
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Les Brésiliens savent que tout peut arriver pendant un combat et que la seule façon de ne jamais perdre c'est de ne pas combattre....Rorion savait que des membres de sa famille et d'autres pratiquants de jiu jitsu, étant des etres humains, avait déja perdus des combats. Mais il avait également compris la psychologie de l'américain fan d'arts martiaux, qui reve de déambuler dans les rues de n'importe quelle ville des États-Unis ne craignant personne. Après tout, que vaut un art martial si il ne vous rend pas invulnérable? Rorion proclama alors que «le clan Gracie pouvait se targuer de 70 ans d'invincibilité en combats". Alors que dans la cassette "Gracie in action" il avait inclus des images de la defaite de son père Helio contre Masahiko Kimura. Mais personne ne remarqua la contradiction...

C'est ainsi que Rorion Gracie changea  la face des arts martiaux aux Etats-Unis, et c'est aussi ainsi que, beaucoup de Brésiliens qui se demandaient probablement ce qu'ils allaient bien pouvoir faire pour gagner leur vie, gagnent maintenant tres bien leur vie dans leur propres académie de jiu jitsu aux "Estados Unidos". Même si, comme l'un d'eux m'a dit, Rorion "ne veut aucun d'entre nous ici."

Un sage à bien des égards, Gene Lebell, a déclaré: "it doesn’t matter what you call it, as long as you can do it". Mais Rorion n'est pas d'accord. Le nom a énormément d'importance, en particulier si vous voulez gagner de l'argent avec. Il ya toute la différence du monde entre le jiu-jitsu et Gracie Jiu-Jitsu.

Global Training Report: Le jiu-jitsu dans la zone sud de Rio de 1997 à 2007

En surfant sur le site IKUSA, j'ai retrouvé un ancien sujet très intéressant d'un des membres, à savoir "Addicto" qui avait traduit une série de textes de Roberto Pedreira un américain qui suite a sa rencontre avec le jiu jitsu Brésilien est parti au Brésil pour s'entrainer. Il a visité la plupart des académies a rencontré et s'est entrainé avec les plus grands noms du jiu-jitsu.

Le "Global Training Report" raconte ses différents voyages qui se déroulent entre 1997 et 2010.
  
Premiere partie: A Arte Suave 1997 - 1999



- ARRIVA RORION: Ou comment Rorion Gracie a révolutionné la façon de voir et de s'entrainer aux arts martiaux aux Etats Unis



- MASTER JIU JITSU: La théorie et la pratique du jiu-jitsu selon Sergio "Malibu" Jardim



- GRACIE HUMAITA: Entrainement avec Robin, Rokler et Royler a Botafogo



- ALLIANCE: Entrainement avec Romero "Jacaré" , Rodrigo Comprido et Magrão Gurgel a Ipanema


- DOJO JIU JITSU: Entrainement avec Aloisio, Leka et Cafe a Copacabana / Conversation avec Ricco Rodriguez, Sergio Penha et Reyson Gracie



- CORPO QUATRO: Entrainement avec Sylvio Behring et Alvaro Barreto a Copacabana / La veritable histoire et la philosophie du jiu-jitsu Brésilien


-MEHDI: Un irreverent, iconoclaste, révisionniste sur l'histoire des Gracie.



-ZOCA: La vie et le jiu-jitsu dans les deux Brésil.

  
Énorme travail de traduction, un grand merci à Addicto d'IKUSA !
Bonne lecture !

Source : http://www.ikusa.fr/forums/topic/6068-global-training-report-le-jiu-jitsu-dans-la-zone-sud-de-rio-de-1997-a-2007/

samedi 30 mars 2013

Comment bien récuperer après un effort.


La récupération après un effort est essentielle pour continuer à progresser et éviter les douleurs, blessures et la fatigue. Voici quelques conseils pour améliorer sa récupération après un effort.

- Dès la fin de l’effort, boire à petites gorgées une eau minérale riche en bicarbonates comme la Vichy St Yorre, l'eau + le sel diminue l’acidité musculaire et tendineuse liée à la production d’acide lactique.

- Pendant l’heure qui suit la fin de l’effort, il faut commencer à reconstituer ses réserves énergétiques. Pour cela, un apport rapide de glucides doit être assuré, soit en ajoutant du sucre dans l'eau gazeuse, soit en la coupant avec du jus de fruit. Les sodas (aux fruits ou au cola) ou le thé sucré sont à éviter car ils sont trop riches en sucre et réhydratent mal. En revanche, le lait, si vous n'avez pas de problème pour le digérer, est très efficace contre l'acide lactique produit par les muscles. Il est très important de boire cette boisson sucrée pendant l’heure qui suit, car au-delà de ce délai les réserves de glucides sont difficiles à reconstituer. En sachant aussi qu’un apport sucré après l’effort ne se transforme pas en graisses (alors que si on consomme un produit sucré très à distance d’un effort physique, une partie du sucre va se transformer en graisses qui vont ensuite être stockées sous la peau).

 - Effectuer des étirements dit passifs.
  Les étirements après le sport se pratiquent afin de remettre le corps dans une situation de repos et non d’effort. Il ne faut donc pas pousser les étirements, l’exercice n’est pas du domaine de la performance, ressentir une petite douleur est tout à fait normal, cependant, il ne faut pas dépasser un seuil de douleur important sous peine de provoquer une déchirure ou de se blesser plus gravement. De même, l’étirement après un effort physique ne doit pas être immédiat, mais s’effectuer quelques minutes après la fin de l’exercice.
Ils sont réalisés dans une position de repos, de confort, favorisant la détente, éliminant toute contrainte, tout travail musculaire.
La pesanteur et le poids du corps vont déclencher l’action d'étirement, réalisée lentement, progressivement sans à coup jusqu’à obtenir un allongement maximum toléré par l’organisme, vous devez ressentir une légère sensation d'étirement mais pas de douleur !
Tenez chaque position de 20 à 30 secondes tout en veillant de ne pas bloquer votre respiration.

 - Prendre une bonne douche
 
L'idéal est de se doucher à l'eau tiède, ou fraîche pour les plus courageux. Si ce n'est pas possible,  passez-vous un gant bien frais sur le corps.
Si vous avez fourni un très gros effort, vous pouvez aussi tremper vos jambes dans un bain d'eau froide.
Le froid a un effet anesthésiant, resserre les vaisseaux sanguins facilitant ainsi le retour veineux.

- Avoir un repas adapté

Manger après l'effort, oui... mais pas n'importe quoi ! Ainsi, le premier repas après l'effort doit avant tout garantir une bonne récupération. Idéalement, il se compose de féculents (pâtes, riz, pomme de terre, pain...) pour achever la recharge des réserves en glycogène, d'une ration de viande maigre, de poisson ou d’œufs, pour compléter l'apport protéique nécessaire à la récupération musculaire, et de légumes et fruits riches en vitamines et minéraux. L'apport de graisses doit rester très limité. En dessert : un laitage pour reconstituer ses réserves de calcium et un fruit, en particulier des fruits secs comme les pruneaux, pour le potassium qui limite l'apparition des crampes.

- Continuer à boire, un petit peu par un petit peu, jusqu’au coucher de l’eau plate ; avec un repère : les dernières urines du soir doivent être très claires sinon il faut boire à nouveau avant  le coucher.

- Se reposer.
Le sommeil est le facteur le plus important pour une bonne récupération.
Quelques conseils pour mieux dormir : bien aérer la chambre avant le coucher, pas plus de 16° de température dans la chambre, surélever un peu les jambes (un coussin sous le matelas du côté des pieds) ça facilite le retour veineux, nettoie mieux les toxines et les veines des jambes récupèrent mieux,  il faut que la lumière soit faible pendant l’heure qui précède le coucher et que l’activité soit plutôt calme ; éviter les activités qui stimulent trop le cerveau le soir.


Bonne récupération !








mardi 26 mars 2013

Une ceinture noire piège des élèves d'une académie


Alex Vamos (ceinture noire sous Joe D’Arce) va piéger certains élèves de jiu-jitsu du Alan Belcher MMA Club.

Il va se faire passer pour un débutant ayant pour seul bagage ses cours de kung fu.

Il se présente donc avec une ceinture blanche qui a été noué n'importe comment et effectue très maladroitement tous les petits exercices d’échauffements. 

Mais lorsqu'ils se mettent à tourner, il va devenir un cauchemar pour les élèves gradés.

Une bonne leçon d'humilité !