samedi 19 mars 2011

Historique

Selon certains historiens, le Jiu-jitsu ou littéralement "art doux" ou "technique de souplesse" (arte suave en portugais) est né en Inde et était pratiqué par des moines bouddhistes. Préoccupés par la self-défense, les moines développèrent une technique basée sur les principes d'équilibre, du système d'articulation du corps et de levier, évitant l'usage de la force et des armes. Avec l'expansion du bouddhisme, le Jiu-jitsu parcourut le Sud-est asiatique, la Chine, et finalement débarqua au Japon, où il se développa et se popularisa.
 
A partir de la fin du XIXème siècle, quelques maîtres de Jiu-jitsu migrèrent du Japon vers d'autres continents, vivant de l'enseignement de l'art martial et des affrontements qu'ils réalisèrent.


Esae Mitsuo Maeda
Esae Mitsuo Maeda (ndtr : souvent surnommé Count Combat ou Conde Koma au Brésil même s'il acquis ce surnom en Espagne en 1908) fut l'un de ces maîtres. Après avoir voyagé avec sa troupe luttant dans divers pays en Europe et en Amérique, arriva au Brésil en 1915 et s'installa à Belém do Pará, l'année suivante, où il connut Gastão Gracie. Père de 8 enfants, 5 garçons et 3 filles, Gastão se montra enthousiaste envers le Jiu-jitsu et amena le plus vieux, Carlos, afin d'apprendre le combat avec le japonais.
 
Chétif par nature, à 15 ans, Carlos Gracie trouva dans le Jiu-jitsu un moyen de s'émanciper. A 19 ans, il s'installa à Rio de Janeiro avec sa famille et adopta une carrière de combattant et de professeur de cet art martial. Il voyagea vers Belo Horizonte puis vers São Paulo, donnant des cours et gagnant contre des adversaires bien plus forts physiquement. En 1925, il retourna à Rio et ouvra la première Académie Gracie de Jiu-Jitsu. Il invita ses frères Oswaldo et Gastão pour l'assister et assuma l'éducation des jeunes George, 14 ans, et Hélio, 12 ans.

Dès lors, Carlos transmit ses connaissances à ses frères, adoptant et perfectionnant la technique en rapport avec la faible corpulence caractéristique de leur famille.
 
Aussi il leurs transmettèrent sa philosophie de la vie et des concepts d'alimentation naturelle, devenant un pionnier dans la création d'une diététique spéciale pour athlètes, la Diète Gracie, transformant le Jiu-jitsu en synonyme de santé.


En plus de techniques de défense personnelle, Carlos Gracie a vu à travers le Jiu-jitsu un moyen pour devenir un homme plus tolérant, respectueux et avec davantage de confiance en soi. Imbu de prouver la supériorité du Jiu-jitsu et former une tradition familiale, Carlos Gracie lança des défis à de grands combattants de l'époque et s'occupa de gérer la carrière de ses frères.


Affrontant des adversaires plus lourds de 20 ou 30 kilos, les Gracie aussitôt acquérirent une réputation et une notoriété nationale. Attirés vers de nouveaux marchés qui s'ouvrirent à l'encontre du Jiu-jitsu, beaucoup de japonais allèrent à Rio, mais aucun ne forma une école aussi solide que celle de l'Académie Gracie, car le Jiu-jitsu qu'ils pratiquaient priviliégiait les projections tandis que celui des Gracie, le combat au sol et les finalisations.


En modifiant les règles internationales du Jiu-jitsu japonais dans les combats que lui et ses frères réalisaient, Carlos Gracie initialisa le premier cas de changement de nationalité d'un sport, dans l'histoire sportive mondiale. Des années plus tard, l'art martial japonais fut renommé Jiu-jitsu brésilien, s'exportant dans le monde entier, y compris au Japon.


Le cadet, Hélio Gracie, s’est notamment fait remarquer en gagnant quasiment tous ses combats à son époque. Il s’est illustré en battant des champions de judo, ne perdant finalement que contre le grand champion japonais Masahiko Kimura, plus jeune et beaucoup plus lourd (environ 30kg de plus). La seule autre défaite d’Hélio fut lors d’un combat contre un de ses élèves, Valdemar Santana, lors du plus long match de Jiu-jitsu connu, soit 3 heures et 45 minutes. Ce fut le dernier affrontement d’Hélio. Le fils de Carlos, Carlson, entra alors dans le ring à 17 ans et parvint à venger sa famille en battant Santana à quatre reprises, plus deux matches nuls.
 
 Carlson Gracie (à gauche) contre Waldemar Santana


Les enfants d’Hélio, Rickson et Royce, sont devenus célèbres dans le monde entier avec leurs nombreuses victoires dans des combats contre des champions d’autres disciplines.
Royce s’est illustré dans les cinq premiers éditions de l’Ultimate Fighting Championship, Rickson au Vale Tudo Japan (1994 et 1995) et Pride 1 et 4.


Ces prestations ont fortement contribué à la médiatisation du Jiu-jitsu brésilien qui est devenu l'une des disciplines les plus pratiquées dans le MMA (Mixed Martials Arts) mais également dans les compétitions de Grappling (A.D.C.C, L.A. Sub-X, B.I.G., etc...) où les vainqueurs sont dans la grande majorité des pratiquants de Jiu-jitsu brésilien.